La première grève nationale des femmes a eu lieu il y a déjà un mois. Nous avons choisi de mettre l’accent sur le travail du care rémunéré et non rémunéré, en exigeant plus de temps, plus d’argent et plus de respect, ainsi qu’une répartition plus juste de ces activités.
Beaucoup de choses se sont passées depuis lors. Entre la pandémie du Covid-19, l’état de crise et le confinement, notre quotidien est bouleversé. Néanmoins, les sujets et les questions soulevées à travers la grève des femmes sont plus pertinentes que jamais.

Le travail du care au centre de la crise

Cette crise montre clairement que le travail du care, qui est généralement invisible et peu reconnu, est absolument essentiel pour la survie et le fonctionnement de base de la société, et par conséquent extrêmement important sur le plan systémique. Ce travail est en grande partie effectué par des femmes.

Qui nettoie les chambres des malades des personnes infectées ? Qui s’occupe des personnes âgées et des malades en isolement ? Qui s’occupe, lave, console et nourrit les patient.e.s atteintes du Covid-19 ? Qui donne les médicaments et manipule les appareils respiratoires ? Qui remplit les rayons des supermarchés et reste assise à la caisse pendant des heures ? Qui s’occupe et éduque les enfants de la famille ? Qui s’occupe des enfants dans les institutions sociales ?
Mais la question n’est pas seulement “qui” mais surtout “comment” ? Ces personnes ont-elles des conditions de travail décentes ? Ont-elles des moyens de subsistance suffisants ? Sinon, quand changerons-nous cela ?

Est-ce que c’est le plus beau à la maison ?

Le confinement montre non seulement la quantité de travail nécessaire pour effectuer les tâches ménagères, comme nettoyer, cuisiner, laver, mais aussi à quel point la charge mentale qui en découle pour garantir le bon fonctionnement du foyer est épuisante.
Est-il possible de faire du télétravail à plein temps et de s’occuper en même temps du travail éducatif des enfants du ménage ? Comment décide-t-on qui demande un congé spécial ? Tout le monde a-t-il une grande maison avec un jardin et un accès Internet pour tous les membres de la famille ?
Cette crise peut-elle conduire à une meilleure répartition du travail domestique et éducatif ? Ou cela nous renvoie-t-il aux rôles de genre datant des années 50 ? Et comment les familles monoparentales gèrent-elles tout cela ?
Cela dit, pour beaucoup de personnes, la maison n’est pas un endroit agréable et sûr. L’augmentation de la violence domestique et conjugale est un risque réel pendant le confinement. Il est davantage difficile à demander de l’aide si le conjoint violent est toujours dans les alentours.
Et comment fonctionnent les familles qui ont jusqu’à présent pu survivre grâce aux assistant.e.s sociaux.ales, aux maison relais et aux crèches?

Les oublié.e.s

Il y a beaucoup de personnes oubliées dans cette crise. Les personnes qui vivent en marge de la société en temps normal ne risquent-elles pas d’être complètement exclues en temps de crise? Y-a-t-il des mesures qui permettent aux travailleur.e.s du sexe de survivre? Les aides domestiques sans papiers bénéficient-elles également d’un congé spécial? Comment les femmes de ménage sans contrat qui perdent leur travail reçoivent-elles une compensation? Comment prévenir les risques d’exploitation et de traite des êtres humains et protéger les victimes de ces abus?

Si la solidarité est vraiment la nouvelle valeur universelle proclamée, ne faut-il pas s’assurer que personne ne soit mis de côté?

Maintenant n’est pas trop tôt

Sans le travail du soin aux autres, nous ne pourrions pas survivre au Covid-19. Ce simple constat rend la dimension du genre inhérente à la crise. Mais cette dimension est-elle considérée à sa juste valeur? L’intégration cohérente de la dimension du genre et la budgétisation sensible au genre sont désormais essentielles lors de la mise en œuvre de toutes les mesures prises dans cette crise, afin de ne pas aggraver les inégalités existantes.

Les femmes ne doivent pas être les perdantes dans cette crise, alors même que ce sont elles qui effectuent la plupart du travail du care et ouvrent la voie pour sortir de cette crise.
Les applaudissements qui surviennent tous les soirs à 20 heures et les primes de salaire ponctuelles ne remplacent en rien l’ajustement tant attendu du système économique, fiscal et social.

Who cares? We care!


Corona und Care

Vor einem Monat fand der erste nationale Frauenstreik statt. Im Zentrum stand dabei die Forderung nach einer fairen Verteilung der bezahlten und unbezahlten Care-Arbeit und dafür mehr Zeit, mehr Geld und mehr Respekt.
Seitdem ist viel passiert. Zwischen Pandemie, Krisenstaat und Ausgangssperre steht unser Alltag Kopf. Dennoch sind die im Zuge des Frauenstreiks aufgeworfenen Themen und Fragen aktueller denn je.

Care-Arbeit im Zentrum der Krise

Diese Krise verdeutlicht, dass Care-Arbeit, die in der Regel unsichtbar ist und wenig Anerkennung erfährt, für das grundlegende Überleben und Funktionieren der Gesellschaft absolut notwendig und daher in höchstem Maße systemrelevant ist. Diese Arbeit wird zum großen Teil von Frauen geleistet.

Wer putzt die Krankenzimmer der Infizierten? Wer betreut die Alten und Kranken in der Isolation? Wer pflegt, wäscht, tröstet und füttert die Corona Patient*innen? Wer verabreicht die Medikamente und stellt die Beatmungsgeräte ein?
Wer füllt Supermarktregale und sitzt Stunden an der Kasse? Wer versorgt und betreut die Kinder in der Familie? Wer versorgt und betreut die Kinder in sozialen Einrichtungen?
Die Frage ist aber nicht nur „Wer“ sondern vor allem „Wie“? Haben diese Personen faire Arbeitsbedingungen? Haben diese Menschen eine würdige Lebensgrundlage? Und wenn nicht, wann ändern wir das?

Zu Hause ist’s am Schönsten?

Die Ausgangssperre verdeutlicht nicht nur wie viel Arbeit „das bisschen Haushalt“, wie putzen, kochen und waschen ist, sondern auch, wie anstrengend die emotionale Arbeit ist, um zu gewährleisten, dass das Zusammenleben in isolierter Gemeinschaft funktionieren kann.

Ist es möglich Vollzeit über Home Office zu arbeiten und sich gleichzeitig um die Bildungs- und Erziehungsarbeit mit den Kindern und Jugendlichen im Haushalt zu kümmern? Wie wird entschieden wer Sonderurlaub beantragt? Und haben eigentlich alle ein großes Haus mit Garten und Internetzugang?
Kann diese Krise zu einer besseren Aufteilung der Haus- und Erziehungsarbeit führen? Oder wirft sie uns zurück in die Geschlechterrollenverteilung der 50er Jahre? Und wie schaffen die Alleinerziehenden das eigentlich alles?
Davon abgesehen ist zu Hause für viele Menschen kein schöner und kein sicherer Ort. Ein Anstieg häuslicher Gewalt ist ein reales Risiko während der Ausgangssperre. Zudem ist es schwieriger für Gewaltbetroffene sich Hilfe zu holen wenn Gewaltausübende stets in der Nähe sind.
Und wie funktionieren Familien, die sich bisher hauptsächlich durch Sozialarbeiter*innen, Maisons Relais und Crèches über Wasser halten konnten?

Die Vergessenen

In dieser Krise gibt es viele Vergessene. Fallen Menschen, die in Normalzeiten am Rande der Gesellschaft leben in Krisenzeiten einfach runter? Welche Maßnahmen ermöglichen Prostituierten das Überleben? Erhalten auch Haushälterinnen ohne Papiere Sonderurlaub? Wie bekommen plötzlich gekündigte Putzfrauen ohne Arbeitsvertrag Ausgleichszahlungen? Wie wird die Zunahme von Menschenhandel und Ausbeutung verhindert und wie werden die Opfer dieser Straftaten geschützt?

Wenn Solidarität doch wirklich der neue Lieblingswert ist, sollten wir dann nicht gewährleisten, dass niemand zurückgelassen wird?

Jetzt ist nicht zu früh

Ohne Care-Arbeit würden wir Corona nicht überleben. Alleine dadurch ist der Gender- Aspekt krisenimmanent. Aber findet dieser Aspekt die notwendige Berücksichtigung? Gerade jetzt ist ein konsequentes Gender-Mainstreaming und Gender-Budgeting bei der Ein- und Durchführung aller Krisenmaßnahmen unerlässlich, um bestehende Ungleichheiten nicht noch weiterhin zu verstärken.

Frauen dürfen nicht die Verliererinnen dieser Krise sein, wo sie es doch sind, die einen Großteil der Care Arbeit, die den Weg aus der Krise ebnet, stemmen.
Abendliches Klatschen um 20 Uhr und einmalige Lohnzuschläge im dreistelligen Bereich ersetzen nicht im Geringsten die längst überfällige Anpassung des Wirtschaft-, Steuer- und Sozialsystems. Who cares? We care!