Grève des Femmes* 2022

La lutte pour l’égalité continue 

Rejoins la Grève des Femmes* !

8 mars 2022 à 17h - place de la Gare de Luxembourg

Nos revendications | Ras-le-Viol !

NOUS REVENDIQUONS LA PRÉVENTION ET LA PÉNALISATION DES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES* ET DE TOUTE AUTRE FORME DE VIOLENCE SEXISTE ET FONDÉE SUR LE GENRE.

Ne pas reconnaître au niveau politique les violences faites aux femmes et les autres formes de violences fondées sur le genre comme une violence bien spécifique et ne pas la pénaliser sous toutes ses formes, c’est perpétuer à l’infini les crimes commis envers les femmes, les hommes trans, les personnes non-binaires et les autres membres de la communauté LGBTQ+ et s’en rendre complice. Certes, il vaut mieux les prévenir que de punir, mais pour ça il faut les nommer, les définir correctement et les rendre visibles sous forme de statistiques qui malheureusement font encore largement défaut au Luxembourg.

La violence commise à l’égard des femmes et des filles et les autres formes de violence fondée sur le genre sont parmi les crimes les plus répandus au monde. Alors que cette spécificité de nature sexiste est reconnue dans de nombreux états de droits, il y a une absence de reconnaissance au niveau politique et juridique au Luxembourg. Afin de pouvoir lutter au mieux contre les violences faites aux femmes cisgenre ainsi qu’aux personnes trans et non-binaires, il faudra donc tout d’abord reconnaître ces formes de violence en tant que forme de violence spécifique pour ensuite créer un cadre légal adapté permettant la pénalisation de toutes les formes d’infractions liées au sexisme. 

Certes les hommes cis-genre1 hétérosexuels peuvent également être victimes de violences sexuelles, domestiques et de harcèlement, mais dans le cas spécifique et majoritaire où les hommes sont auteurs de violences envers les femmes, c’est la logique du patriarcat qui les pousse à agir ainsi. Cette logique veut que les femmes soient soumises aux hommes et que leur corps et leur sexualité leur appartiennent.

Parfois cette logique pousse certains hommes à commettre l’acte de violence le plus extrême : le féminicide, autrement dit l’assassinat d’une femme parce qu’elle est une femme. Quant au viol c’est l’expression la plus abjecte de la domination masculine et de l’appropriation de la sexualité des femmes. Le viol blesse les femmes dans leur intimité profonde. La même logique est à la base de la violence perpétrée contre les membres de la communauté LGBTQ+ ; cette violence est souvent physique mais aussi symbolique, comme l’invisibilisation des personnes non-binaires ou le manque de reconnaissance du nom et du genre choisis dans le cas des personnes trans. 

Ces dernières années, des mouvements féministes et LGBTQ+ ont dénoncé ces formes de violences liées au genre avec beaucoup d’ardeur. Le mouvement #metoo a donné lieu à un débat public international. Des femmes courageuses ont témoigné de leur(s) expérience(s) de viol et de harcèlement sexuel commis par des personnes de leur entourage proche et professionnel. Elles ont réussi à ébranler des hommes de pouvoir en portant collectivement plainte et en dévoilant au grand public ces agresseurs et violeurs masqués.

Dans d’autres domaines qui touchent à la sexualité des femmes, comme la gynécologie et l’obstétrique, de plus en plus de voix de femmes s’élèvent pour dénoncer les violences qu’elles subissent dans les cabinets gynécologiques et les salles d’accouchement. La lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales est un devoir de santé publique, mais s’inscrit aussi depuis longtemps dans l’histoire de la lutte des femmes pour le droit de décider sur leur corps et leur sexualité. 

 La plateforme JIF fait de la prévention et de la pénalisation des violences faites aux femmes et des autres formes de violence fondée sur le genre son cheval de bataille pour les années à venir. Cette année la JIF se concentre sur quatre revendications majeures :

 La mise en place d’un système de définition et de classification de féminicides, afin de pouvoir :

  • Identifier, et par la suite éliminer les facteurs de risques liés aux homicides volontaires des femmes
  • Quantifier le nombre de femmes* tuées en raison de leur sexe féminin
  • La reconnaissance du féminicide par le Code pénal luxembourgeois

 La lutte contre les violences sexuelles et psychologiques et un cadre juridique spécifique  en la matière :

  • par la reconnaissance juridique de la violence psychologique 
  • par le financement d’une helpline 24h/24h 7j/7j
  • par la réforme de l’article 195-1 du code de la procédure pénale, lequel prévoit actuellement que la grande majorité des auteurs de viols sont condamnés à un sursis de 5 à 10 ans au lieu d’une peine de prison ferme.
  • par l’éradication de la durée de prescription des crimes

 La possibilité d’une poursuite pénale et d’enregistrement des violences gynécologiques et obstétricales :

  • en créant un bureau de plaintes neutre pour les personnes ayant vécues des violences gynécologiques et/ou obstétricales
  • en donnant le choix aux femmes* où et avec qui elles veulent accoucher et pour cela la création d’un centre de naissance, la facilitation des accouchements à domicile, la possibilité d’être accompagné par la même sage-femme avant, durant et après l’accouchement
  • en collectant des données statistiques précises et régulières sur les violences gynécologiques et obstétricales, par des enquêtes spécifiques et par les systèmes de gestion de qualité des hôpitaux avec services gynécologiques

 La lutte active contre toute autre forme de violence sexiste et fondée sur le genre, en particulier contre les membres de la communauté LGBTQ+ : 

  • en collectant des données statistiques précises sur les violences fondées sur le genre perpétrées contre les femmes et les filles ainsi que contre les membres de la communauté LGBTQ+
  • en établissant un système de première aide pour les personnes trans et non-binaires victimes de violence fondée sur le genre
  • en garantissant le droit d’utiliser ses propres nom, genre et pronoms choisis dans tous les domaines de vie

1 C-à-d, quand on est à l’aise avec le fait d’être identifié comme un homme ou une femme et qu’on s’intègre volontairement dans les catégories binaires.

FED UP WITH RAPE! WE DEMAND THE PREVENTION AND PENALIZATION OF VIOLENCE AGAINST WOMEN* AND ALL OTHER FORMS OF SEXIST AND GENDER-BASED VIOLENCE.

Failure to recognize violence against women and other forms of gender-based violence as a specific form of violence at the political level, and to penalize it in all its forms, is to perpetuate crimes against women, trans men, non-binary people, and other members of the LGBTQ+ community ad infinitum and to be complicit in them. Of course, it is better to prevent them than to punish them, but to do so, they must be named, correctly defined and made visible in the form of statistics, which unfortunately are still largely lacking in Luxembourg.

Violence against women and girls and other forms of gender-based violence are among the most widespread crimes in the world. While this gender specificity is recognized in many countries, there is a lack of recognition at the political and legal level in Luxembourg. In order to be able to fight violence against cisgender women as well as trans and non-binary people, it will be necessary to first recognize these forms of violence as a specific form of violence and then to create an adapted legal framework allowing the penalization of all forms of offences related to sexism. 

It is true that heterosexual cis-gender1 men can also be victims of sexual and domestic violence and harassment, but in the specific and majority of cases where men are perpetrators of violence against women, it is the logic of patriarchy that pushes them to act in this way. This logic wants women to be submissive to men for them to own their bodies and sexuality.

Sometimes this logic pushes some men to commit the most extreme act of violence: feminicide, or in other words, the murder of a woman just for being a woman. As for rape, it is the most abject expression of male domination and appropriation of women’s sexuality. Rape hurts women in their deepest intimacy. The same logic underlies the violence perpetrated against members of the LGBTQ+ community; this violence is often physical but also symbolic, such as the lack of visibility of non-binary people or the lack of recognition of the name and gender chosen in the case of trans people. 

In recent years, feminist and LGBTQ+ movements have been very vocal in denouncing these forms of gender-based violence. The #metoo movement has led to an international public debate. Courageous women have testified about their experiences of rape and sexual harassment committed by people in their close and professional circle. They have succeeded in shaking up men of power by collectively filing complaints and exposing these masked aggressors and rapists to the public.

In other fields that touch on women’s sexuality, such as gynecology and obstetrics, more and more women’s voices are being raised to denounce the violence they suffer in gynecological practices and delivery rooms. The fight against gynecological and obstetrical violence is a public health duty, but it is also part of the history of women’s struggle for the right to decide about their bodies and their sexuality. 

The JIF platform has made the prevention and criminalization of violence against women and other forms of gender-based violence its focus for the coming years. This year JIF is focusing on four major demands:

The establishment of a system of definition and classification of feminicides, in order to:

  • Identify, and subsequently eliminate, the risk factors associated with intentional homicides of women
  • Quantify the number of women* killed because of their gender
  • The recognition of feminicide by the Luxembourg penal code

The fight against sexual and psychological violence and a specific legal framework in this area:

  • by the legal recognition of psychological violence 
  • by the financing of a 24/7 helpline
  • by the reform of article 195-1 of the code of criminal procedure, which currently provides that the vast majority of perpetrators of rape are sentenced to a suspended sentence of 5 to 10 years instead of a firm prison sentence
  • by eradicating the statute of limitations for crimes

The possibility of criminal prosecution and registration of gynecological and obstetrical violence:

  • by creating a neutral complaint office for people who have experienced gynecological and/or obstetrical violence
  • by giving women* the choice of where and with whom they want to give birth, and for this purpose the creation of a birthing center, the facilitation of home births, the possibility of being accompanied by the same midwife before, during and after the birth
  • collecting accurate and regular statistical data on gynecological and obstetrical violence, through specific surveys and quality management systems of hospitals with gynecological services

Actively combating all other forms of gender-based and sexist violence, especially against members of the LGBTQ+ community: 

  • collecting accurate statistical data on gender-based violence against women and girls and members of the LGBTQ+ community
  • establishing a system of first aid for trans and non-binary people who are victims of gender-based violence
  • ensuring the right to use one’s own name, gender and pronouns in all areas of life

1 I.e., when one is comfortable with being identified as a man or a woman and willingly fits into the binary categories

Rendez-vous :

8 mars à 17 heures

Gare de Luxembourg