Récapitulatif des revendications féministes

Jan 23, 20210 comments

Au cours de nos vies, nous les femmes investissons toujours plus de temps dans le travail domestique, c’est une réalité statistique, même si ce n’est pas le cas dans votre ménage, en moyenne les femmes font trois fois plus de travail à la maison que les hommes. 

Au cours de nos vies, nous les femmes investissons aussi toujours plus de temps pour le soins et l’éducation des enfants et personnes dépendantes que les hommes. Bien qu’il soit encore tôt pour mesurer l’ampleur de l’impact du coronavirus, nous savons, de part toutes celles et ceux qui sont sur le terrain, que ce sont les femmes qui ont en grande majorité pris le congé pour raisons familial et qui ont donc dans ce contexte de crise,ont aussi dû jouer aux institutrices avec leur enfants. Peut-être vous le vivez vous même, ou peut-être avez- vous déjà une amie qui vous a appelé en désespoir? En tout cas il est certain, le travail de care à la maison a augmenté. 

La première ligne dans la lutte contre la crise sanitaire a majoritairement été assurée par des secteurs traditionnellement considérés comme étant «féminins». Dans le secteur de la santé et de l’action sociale par exemple, 76% des salarié.e.s sont des femmes et dans le nettoyage, les femmes représentent 83% du personnel.

Dans la sphère privée, comme dans le monde du travail, c’est surtout nous qui assurons ce travail essentiel au bon fonctionnement de notre économie et de notre société. Parmi nous, surtout les femmes issues de l’immigration et travailleuses frontalières prennent en charge le travail domestique souvent mal reconnu et invisibilisé. 

Nous sommes nombreuses à avoir une double journée de travail, voire triple pour toutes celles qui en plus doivent maintenant s’occuper de l’école à la maison. Nous devons souvent penser à tout, sauf à nous-mêmes. La semaine dernière nous avons parlé de la charge mentale et émotionnelle qui touche aussi, de façon plus flagrante, les femmes. 

Aujourd’hui nous soulignons nos revendications de l’année dernière mais avec encore plus de conviction que ces inégalités ne peuvent maintenant plus être niées: la crise les a mises en évidence et maintenant que tout le monde les voit, nous devons agir.  

Nous revendiquons une égalité de partage du care. Que ce soit dans la sphère domestique ou au travail. Nous voulons des politiques qui nous permettent de prendre part de manière égale à la vie professionnelle et sociale. Des politiques qui rémunèrent à sa juste valeur notre travail dans la sphère professionnelle.

NOUS VOLONS PLUS DE TEMPS

Nous voulons une réduction de notre charge de travail, que ce soit par une réduction du temps de travail sans perte de salaire, par l’introduction d’un congé de parentalité plus long et égalitaire, par la mise en place de mesures au travail qui permettent un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Évidemment, par des bonnes infrastructures pour nos enfants et personnes dépendantes.

NOUS VOULONS PLUS D’ARGENT

Au Luxembourg, l’égalité salariale serait atteignable qu’en 2027. C’est trop loin. 30 % des femmes travaillent à temps partiel pour 5% d’hommes. Et si ces chiffres ne vous effraient pas, regardez nos pensions: L’écart est de 43%. Nous voulons un salaire égal pour un travail égal, un système d’imposition plus juste envers les familles monoparentales qui sont à 82% des femmes. Aujourd’hui un couple marié sans enfants paie moins d’impots qu’une femme celibataire avec des enfants. Nous voulons une vraie redistribution des richesses pour investir dans les infrastructures et un réel combat contre la spéculation immobilière qui a des conséquences dramatiques pour les femmes au risque d’exclusion sociale. 

NOUS VOULONS PLUS DE RESPECT

Nous voulons la reconnaissance sociale du travail du care, rémunéré ou non rémunéré, et son partage égalitaire. Cela doit passer par des mesures efficaces pour lutter contre l’exploitation spécifique des femmes migrantes, par la prévention et la répression des violences sexistes et sexuelles, par une meilleure prise en charge et un traitement rapide de nos plaintes pour harcèlement sexuel, violences conjugales et par la reconnaissance de ces violences dans le cadre des demandes d’asile. Vous êtes vous déjà rendu à la police pour faire une plainte? Celles d’entre nous qui répondent par oui savent qu’il y a un très long chemin à faire. Nous volons un traitement égalitaire, sans discrimination, de tous les modeles parentaux dans les textes et le langage législatifs. Et comme cette crise l’a bien montre: il est essentiel de garantir le droit à une couverture sociale et médicale universelle pour toutes les personnes exclues de la sécurité sociale, les sans-papiers, les sans revenu et les sans-abris.

Nos revendications sont féministes et par définition vont dans le sens de l’égalité politique, économique et sociale des sexes. La grande majorité de nos revendications ne se dirigent pas uniquement aux femmes mais visent à résoudre des problèmes de notre société qui touchent de façon disproportionnée les femmes. Nous allons parler de la réduction du temps de travail, de l’augmentation des congés pour les parents et de l’introduction d’un vrai support psychologique et mental pour les travailleuses et travailleurs du care. Des revendications féministes qui profitent à tout le monde. 


Over the course of our lives, we women invest more and more time in domestic work, it’s a statistical reality, even if it’s not the case in your household, on average women do three times as much work at home as men. 

Over the course of our lives, women also invest more time than men in the care and education of children and dependents. Although it is still early to measure the extent of the impact of the coronavirus, we know, from all those in the field, that it is women who have taken the vast majority of family leave and who have therefore in this context of crisis, have also had to play teachers with their children. Perhaps you are experiencing it yourself, or perhaps you already have a friend who called you in desperation? In any case, it is certain that the work of care at home has increased. 

The first line in the fight against the health crisis has been mostly carried out by sectors traditionally considered “feminine”. In the health and social action sector for example, 76% of employees are women and in cleaning, women represent 83% of the staff.

In the private sphere, as in the world of work, it is above all we who perform this work, which is essential to the proper functioning of our economy and society. Among us, especially women from immigrant and border worker backgrounds take over the often poorly recognized and invisible domestic work. 

Many of us have a double or even triple working day for all those who now have to take care of school at home. We often have to think of everything but ourselves. Last week we talked about the mental and emotional burden that also affects women in a more obvious way. 

Today we emphasize our demands of last year, but with even more conviction that these inequalities can no longer be denied: the crisis has highlighted them and now that everyone sees them, we must act.  

We demand an equal sharing of care. Whether in the domestic sphere or at work. We want policies that allow us to participate equally in professional and social life. Policies that give fair compensation for our work in the professional sphere.

WE WANT MORE TIME

We want a reduction in our workload, whether it is through a reduction in working time without loss of pay, through the introduction of longer and more equal parental leave, through the implementation of measures at work that allow a better balance between private and professional life. Of course, by good infrastructures for our children and dependent people.

WE WANT MORE MONEY:

In Luxembourg, equal pay would only be achievable in 2027. This is too far away. 30% of women work part-time for 5% of men. And if these figures don’t scare you, look at our pensions: The gap is 43%. We want equal pay for equal work, a fairer tax system for single-parent families, which are 82% of women. Today a married couple without children pays less tax than a single woman with children. We want a real redistribution of wealth to invest in infrastructure and a real fight against real estate speculation which has dramatic consequences for women at risk of social exclusion. 

WE WANT MORE RESPECT

We want the social recognition of the work of care, paid or unpaid, and its egalitarian sharing. This must be achieved through effective measures to combat the specific exploitation of migrant women, through the prevention and repression of gender-based and sexual violence, through better care and rapid processing of our complaints of sexual harassment and domestic violence, and through the recognition of such violence in the context of asylum applications. Have you ever gone to the police to make a complaint? Those of us who answer yes know that there is a very long way to go. We are stealing equal treatment, without discrimination, from all parental models in the legislative texts and language. And as this crisis has made clear: it is essential to guarantee the right to universal social and medical coverage for all those excluded from social security, the undocumented, the incomeless and the homeless.

Our demands are feminist and, by definition, are in the direction of political, economic and social equality of the sexes. The vast majority of our demands are not directed solely at women, but are aimed at resolving problems in our society that disproportionately affect women. We are going to talk about the reduction of working hours, the increase of parental leave and the introduction of real psychological and mental support for care workers. Feminist demands that benefit everyone.