Marche Féministe 2024

La lutte pour l’égalité continue !

Rejoins la Marche Féministe :
8 mars 2024 à 17h - Place de Paris

Revendications 2023

Lors de la Journée Internationale des Droits des Femmes, la plateforme féministe JIF Luxembourg revendique :
Un toit sur la tête !

Les longues listes d’attentes pour avoir accès à une place dans un foyer pour femmes en détresse ont fait couler beaucoup d’encre dans la presse ces dernier mois, mais cette situation n’est que symptomatique d’un problème bien plus large: il devient de plus en plus difficile pour une personne de se loger de façon indépendante et autonome. Dans le cas des victimes de violence domestique, cette situation peut rapidement tourner au drame, car la victime peut estimer que le risque de se retrouver à la rue est trop grand pour agir contre la violence. Des études montrent que dans des périodes incertaines et de crise, la violence domestique augmente alors que le nombre de divorces diminue. 

Bien que cette crise affecte la population dans son ensemble, ce sont inévitablement les femmes qui sont touchées le plus lourdement: tendenciellement les femmes ont moins d’argent que les hommes, travaillent plus souvent à temps partiel, sont plus souvent seules avec des enfants et font face à plus de discrimination sur le marché immobilier. Les femmes partagent cette détresse avec d’autres groupes vulnérabilisés: la communauté lgbtq+, les personnes racisées et les personnes migrantes, les personnes âgées et en situation de handicap ainsi que les étudiants. 

La JIF revendique le droit fondamental au logement aussi bien dans la loi que dans les faits. Cela implique plusieurs actions dans l’immédiat et à moyen terme :

  • Augmenter la capacité d’accueil de victimes de violence domestique, qui sont en grande majorité des femmes, et cela dans l’immédiat. Le but doit être d’éliminer les listes d’attente. Toute personne qui cherche à fuir une situation de violence, qu’elle soit physique ou psychologique, doit pouvoir trouver refuge. 
  • Augmenter la capacité d’accueil pour personnes en situation de sans-abrisme avec un focus particulier sur les femmes et leurs besoins spécifiques. 
  • Mobiliser de force la construction de logements abordables sur des terrains dont les communes sont propriétaires en réservant un pourcentage pour des groupes vulnérabilisés telles que les femmes sortant de foyers ou les familles monoparentales. 
  • Garantir le droit au logement abordable et décent au niveau constitutionnel.
  • Plafonnement des loyers 
  • Promotion des logements dits “de deuxième phase” et des bails glissants pour les femmes victimes de violences. 
      Une vie sans violence !

      En date du 3 juillet 2018, la Chambre des députés a adopté le projet de loi portant approbation de la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles et la violence domestique. Il s’agit de la première convention internationalement contraignante qui, grâce à son approche intégrée et multidisciplinaire et à sa perspective de genre, couvre toutes les formes de violence faites aux femmes et filles. 

      En 2023, 5 ans plus tard, il nous reste encore beaucoup d’efforts à faire pour réellement rendre justice à ce compromis. Afin de lutter efficacement contre tous types de violences à l’encontre des filles et des femmes tel que prévue dans la Convention de d’Istanbul, la JIF revendique:

      • Plus de statistiques et de données détaillées sur toutes les formes de violences dont sont victimes les femmes. Nous ne pouvons pas lutter contre la violence si on ne dispose pas d’assez d’informations sur leur contexte et leur ampleur. Comptabiliser le nombre de plaintes et d’expulsions est loin d’être suffisant, car toutes les études sur le sujet le soulignent: la majorité des victimes de violence ne portent pas plainte. 
      • Un cadre légal qui mentionne et définit clairement la notion de violence psychologique et de violence administrative tel que préconisé dans la Convention. La violence contre les femmes ne se résume pas à la violence domestique physique. Cette violence a de nombreuses formes: chantage affectif, harcèlement sexuel, mariage forcé, violence obstétricale, confiscation des papiers et la liste est longue. 
      • L’inscription du féminicide dans le code pénal pour permettre un recensement et donc une meilleure compréhension du phénomène et des façons de l’éradiquer.
      • Une vraie stratégie de prévention tout au long de l’année et auprès de toute la population, car la violence ne touche pas que les personnes “marginalisées”. La culture patriarcale et la culture de la violence est omniprésente et doit se combattre dans tous les domaines de la vie et à tous les âges. 
      • Mettre en place un système d’enregistrement et de suivi des plaintes qui rend justice aux femmes victimes de violences et préconiser l’utilisation d’un formulaire pour l’entretien avec des victimes de violence domestique à l’image de ce qui se fait en France. Ces formulaires permettent à la police ainsi qu’à la victime de mieux évaluer le danger. 
      • La création d’un organe d’observation, dédié à faire des recherches, analyses et statistiques dans le domaine de la violence faite aux femmes et à la communauté lgbtq+.
      • La délivrance de titres de séjour autonomes et avec autorisation de travail aux sans-papiers victimes de violence et/ou exploitation par le travail pour combattre et prévenir la traîte des êtres humains. 
          De l’argent pour vivre !

          Malgré le rôle de bon élève du Luxembourg en matière d’égalité salariale, la réalité nous prouve en réalité que les femmes gagnent encore et toujours moins d’argent que les hommes.  

          Historiquement, les femmes ont dû lutter pendant de longues décennies pour que le principe du même salaire soit socialement admis et retranscrit dans la législation. Or, pour évaluer l’égalité salariale, il ne suffit pas de comparer le salaire horaire d’une femme et d’un homme pour le même poste. Si l’on compare le salaire annuel global au Luxembourg, les femmes gagnent toujours 7,2 pourcent de moins que les hommes. Cela a différentes raisons: elles travaillent 6 fois plus souvent à temps partiel et accumulent souvent des interruptions de carrières pour faire face à des responsabilités familiales et se retrouvent donc désavantagées.  Elles accumulent moins de revenu, peuvent faire moins d’économies, auront moins de retraite et se trouvent confrontées à un risque plus élevé de précarité et de dépendance économique. En matière d’écarts de pension, le Luxembourg se retrouve tout en bas de la liste, à côté de la Roumanie, est a un écart de 43% entre les femmes et les hommes. 

          De plus, les femmes sont surreprésentées dans les métiers à bas salaires qui de surplus infligent des conditions de travail difficiles et fatigantes. Ce sont souvent des métiers essentiels pour le fonctionnement de notre société comme le nettoyage ou le soins aux enfants et aux personnes âgées et dépendantes. 

          Les femmes sont également moins nombreuses à obtenir des postes à haute responsabilité. Elles sont aussi clairement désavantagées lors de paiement de bonus, de rémunération variable, liée à des évaluations ou au bon vouloir du patron. 

          Par conséquent, la transparence est le seul véritable garant contre les discriminations salariales. Mais l’égalité salariale doit également être garantie par la reconnaissance et la revalorisation des professions traditionnellement féminines qui sont chroniquement sous-considérées et sous-payées.

          Voilà pourquoi la JIF revendique: 

          • Plus de contrôle : plus de moyens pour l’Inspection du Travail et des Mines et un véritable contrôle des inégalités salariales entre femmes et hommes. Ce contrôle doit également prendre en compte d’autres facteurs comme les inégalités basées sur la nationalité, la race présumée, l’identité de genre, l’orientation sexuelle ou les croyances religieuses ou politiques. 
          • Plus de compensation: faire cesser la culture d’entreprise des longues heures et les pratiques des heures supplémentaires non comptabilisées et non rémunérées.
          • Un renforcement du pouvoir de négociation des salariés: ce n’est que grâce à des conventions collectives que des progression de carrières objectives peuvent être garanties. C’est par ce biais, que les secteurs dits “féminisés” peuvent être revalorisés. 
          • Plus de chiffres : mise en place d’une méthode de calcul du « gender pay gap » qui prend en compte le salaire annuel moyen global + l’inégalité structurelle liée au temps partiel et au taux d’activité moins élevé des femmes. (calcul par équivalent temps plein du taux d’emploi)
          • Le maintien du système d’indexation des salaires, qui pour beaucoup de femmes se trouvant dans des secteurs sans convention collective, représente la seule garantie du maintien du pouvoir d’achat. 
          • Le changement de notre système de classe d’impôt qui favorise financièrement les couples mariés au dépit des familles monoparentales. 
          • Une régularisation des personnes travaillant sans contrat ou sans papiers pour lutter contre l’exploitation notamment des nombreuses femmes qui travaillent dans des ménages privés. 
              Plus d’égalité dans nos familles !

              Si nous voulons une société plus égalitaire, où chaque parent peut s’investir dans l’éducation de son enfant et nous devons arrêter de dire aux femmes que leur rôle est de rester à la maison et que celui de leur partenaire, inévitablement masculin, est d’aller travailler. Dès la naissance d’un enfant, c’est ce que notre loi nous fait comprendre. Le congé de matérnité est de 3 mois après la naissance alors que le congé paternel est de 10 jours à peine. Il est primordiale de permettre à tous les parents d’assumer à part entière leur nouveau rôle à la naissance d’un enfant et cela peut importe leur sexe. Si nous visons une répartition plus égale de la charge liée à l’éducation des enfants, c’est lors des premières semaines de vie que nous devons agir. Une égalité dans la famille doit se construire sur des bases solides. 

              Il est temps de faire évoluer les modèles de parentalité et de faire en sorte que les premiers mois de la naissance d’un enfant puissent être vécus sereinement par les deux parents. Après leur accouchement, les femmes ont généralement besoin de beaucoup de repos. Les dépressions post-partum sont courantes. Prendre soin d’un nouveau-né dans les premiers mois de sa vie est souvent une charge trop lourde pour être accomplie par un parent seul, surtout quand il vient d’accoucher.

              Voilà pourquoi nous revendiquons le remplacement du « congé de paternité » de 10 jours par un congé de naissance ouvert à toustes d’une durée de 3 mois à temps plein. Nous demandons également :

              • L’inscription de la «co-parentalité » de principe dans la loi sur la filiation (avec gardes fous pour les situations de violence).
              • La compensation du congé de naissance par un salaire complet.
              • Des mesures visant un meilleur équilibre entre temps de travail et temps de vie pour permettre aux familles de mieux répartir le travail domestique qui aujourd’hui repose encore largement sur les épaules des femmes. Cela devra passer inévitablement par une réduction de temps de travail à salaire égal. La réduction du temps de travail pourrait dans ce sens apporter un bienfait au maintien de cet équilibre aussi bien dans le domaine familial, social, économique et politique.

                  Demands 2023

                  On International Women's Rights Day, the feminist platform JIF Luxembourg demands:
                  A roof over one’s head

                  The extensive waiting lists for shelter for women in distress have received a lot of attention in the press over the past few months, yet this situation is only symptomatic of a much larger problem: it is becoming increasingly difficult for a person to find independent and self-sufficient housing. For victims of domestic violence, the situation can quickly deteriorate into a serious crisis, as the victim may feel that the risk of becoming homeless is too great to act against the violence. Studies show that in times of uncertainty and crisis, domestic violence increases while divorce rates decrease. 

                  While this crisis affects the population as a whole, it is inevitably women who are most heavily affected: women tend to have less money than men, work part-time more often, are more frequently alone with children and face increased discrimination in the housing market. Women share this distress with other vulnerable groups: the lgbtq+ community, racialized and migrant people, the elderly, people with disabilities, and students. 

                  The JIF demands the fundamental right to housing both in law and in practice. This implies several actions in the immediate and medium term:

                  • More capacity to receive victims of domestic violence, the vast majority of whom are women, in the immediate future. The goal should be to eliminate waiting lists. Any person who seeks to escape a situation of violence, whether physical or psychological, must be able to find shelter. 
                  • More capacity to accommodate homeless people, with a particular focus on women and their specific needs. 
                  • The mobilisation for the construction of affordable housing on land owned by municipalities, with a percentage reserved for vulnerable groups such as women leaving shelters or single-parent families. 
                  • A guaranteed right to affordable and decent housing at the constitutional level.
                  • Cap on rents 
                  • Promotion of “second phase” housing and sliding leases for women victims of violence.
                    A life without violence!

                    As of July 3, 2018, the Chamber of Deputies passed the bill approving the Council of Europe’s Istanbul Convention on Preventing and Combating Violence against Women and Girls and Domestic Violence. This is the first internationally binding convention which, thanks to its integrated and multidisciplinary approach and its gender perspective, covers all forms of violence against women and girls. 

                    In 2023, 5 years later, there is still an important amount of work to be carried out to really do justice to this compromise. In order to effectively combat all types of violence against girls and women as provided for in the Istanbul Convention, the JIF demands:

                    • More data and statistics on all forms of violence against women. We cannot fight against violence if we do not have enough information on the context and the extent of it. Tracking the number of complaints and evictions is not enough, since all studies on the subject point out that the majority of victims of violence do not file complaints. 
                    • A legal framework that clearly mentions and defines the notion of psychological and administrative violence as called for in the Convention. Violence against women is not limited to physical domestic violence. This violence has many forms: emotional blackmail, sexual harassment, forced marriage, obstetrical violence, confiscation of papers, and the list is long. 
                    • The inclusion of feminicide in the penal code to allow a census and therefore a better understanding of the phenomenon and ways to eradicate it.
                    • A real prevention strategy throughout the year and with the entire population, because violence does not only affect “marginalized” people. The patriarchal culture and the culture of violence is pervasive and must be addressed in all areas of life and at all ages. 
                    • The establishment of a system of registration and follow-up of complaints that does justice to women victims of violence and the use of a form for interviewing victims of domestic violence similar to what is done in France. These forms allow the police as well as the victim to better assess the danger. 
                    • The creation of an observation body, dedicated to research, analysis and statistics in the field of violence against women and the lgbtq+ community.
                    • The issuance of autonomous residence permits with work authorization to undocumented victims of violence and/or labor exploitation in order to combat and prevent human trafficking. 
                      Money to live on!

                      Despite Luxembourg’s reputation as a positive example of equal pay, the reality is that women still earn less money than men.  

                      Historically, women have had to fight for many decades for the principle of equal pay to be socially accepted and enshrined in legislation. However, in order to assess equal pay, it is not enough to compare the hourly wage of a woman and a man for the same job. If we compare the total annual salary in Luxembourg, women still earn 7.2 percent less than men. This is due to various reasons: they work 6 times more often part-time and often accumulate career breaks to cope with family responsibilities, so are therefore more disadvantaged. They accumulate less income, can save less, will have less pension and face a higher risk of precariousness and economic dependence. When it comes to pension gaps, Luxembourg is at the bottom of the list, next to Romania, with a 43% gap between women and men. 

                      Moreover, women are overrepresented in low-paid jobs that also inflict difficult and tiring working conditions. These are often jobs that are essential to the functioning of our society, such as cleaning or caring for children, the elderly, and dependent people. 

                      Women are also less likely to obtain positions of high responsibility. Moreover, they are clearly disadvantaged when it comes to bonus payments, variable remuneration, linked to evaluations or to the goodwill of the boss. 

                      Therefore, transparency is the only real guarantee against wage discrimination. But equal pay must also be guaranteed by the recognition and revaluation of traditionally female professions which are chronically underestimated and underpaid.

                      This is why the JIF demands: 

                      • More control: more resources for the Labor and Mines Inspectorate and a real control of wage inequalities between women and men. This control must also take into account other factors such as inequalities based on nationality, presumed race, gender identity, sexual orientation or religious or political beliefs. 
                      • More compensation: ending the corporate culture of long hours and unaccounted and unpaid overtime practices.
                      • More bargaining power for employees: only through collective agreements can objective career progression be guaranteed. It is through this process that the so-called “feminized” sectors can be upgraded. 
                      • More figures: implementation of a method for calculating the “gender pay gap” which takes into account the overall average annual salary + the structural inequality linked to part-time work and the lower activity rate of women (calculation by full-time equivalent of the employment rate)
                      • The maintenance of the wage indexation system, which for many women in sectors without a collective agreement, represents the only guarantee of maintaining purchasing power. 
                      • The change of our tax class system, which financially favors married couples to the detriment of single-parent families. 
                      • The regularisation of people working without a contract or without papers to fight against the exploitation of the many women who work in private households. 
                        More equality within families!

                        If we want a more equal society, where every parent can invest in their child’s education, we need to stop telling women that their role is to stay at home while their, inevitably male partner’s, is to go to work. From the moment a child is born, our law makes this clear. Maternity leave lasts 3 months after the birth, while paternal leave amounts to only 10 days. It is essential to allow all parents to fully assume their new role when a child is born, regardless of their gender. If we want to achieve a more equal distribution of the burden of child rearing, it is during the first weeks of life that we must act. Equality in the family must be built on solid foundations. 

                        It’s time to change the models of parenthood and to ensure that the first months of a child’s birth can be experienced peacefully by both parents. After giving birth, women usually need a lot of rest. Postpartum depression is common. Caring for a newborn in the first few months of life is often too much for a single parent to handle, especially after giving birth.

                        This is why we demand the replacement of the 10-day “paternity leave” with a 3-month full-time birth leave open to all. We also demand:

                        • The inclusion of “co-parenting” in principle into the Law on filiation (with safeguards for situations of violence).
                        • The compensation of birth leave in the form of a full wage.
                        • Measures aiming at a better balance between work and life time to allow families to better distribute domestic work which today still largely rests on the shoulders of women. This will inevitably require a reduction in working time for equal pay. The reduction of working time could in this sense bring a benefit to the maintenance of such a balance within the family, social, economic and political fields.

                          Rendez-vous :

                          8 mars à 17 heures

                          Place Hamilius