Lisez et téléchargez les revendications complètes ici : Revendications 2026
La santé comme droit pas comme privilège
À l’occasion du 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous portons une vision féministe de la santé.
Nous affirmons que la santé n’est pas seulement une affaire de soins médicaux, mais qu’elle est profondément façonnée par les conditions de vie : revenus, travail, logement, statut administratif, exposition aux violences et aux discriminations.
Les femmes et les personnes minorisées sont particulièrement touchées par la précarité, la pénibilité du travail, les carrières interrompues, la charge du travail non rémunéré et les violences. Ces réalités ont des effets directs et durables sur la santé physique et mentale, tout au long de la vie, et plus encore à l’âge de la retraite.
Faire de la santé un thème central du 8 mars, c’est rappeler que les inégalités de genre s’inscrivent dans les corps, qu’elles produisent de la maladie, de l’épuisement et du renoncement aux soins. C’est aussi affi rmer que lutter pour la santé, c’est lutter pour la justice sociale, contre la pauvreté, contre la marchandisation du soin et pour des conditions de vie dignes pour toutes et tous.
1. Garantir un accès universel, gratuit et inconditionnel à la santé pour toutes les personnes
Nous affirmons qu’un système de santé doit être entièrement public, solidaire et non marchand, garantissant un accès effectif aux soins pour toutes les personnes vivant au Luxembourg, indépendamment du statut administratif, de l’affiliation à une caisse, du revenu ou de la situation familiale. Nous rappelons que la santé ne dépend pas uniquement des soins reçus, mais aussi des conditions matérielles d’existence : logement digne, alimentation suffisante, stabilité financière et absence de peur. Ces conditions pèsent de manière disproportionnée sur les femmes et les personnes minorisées.
Nous revendiquons :
- Transformer la CUSS (Couverture universelle des soins de santé) en un droit permanent (sans période de carence / 3 mois d’attente), accessible sans exclusion liée au statut administratif ou à la durée de résidence ;
- Généraliser le tiers payant et la prise en charge à 100 % des soins nécessaires, y compris psychologiques ;
- Développer des maisons de santé pluri-professionnelles publiques, accessibles sur tout le territoire en particulier dans les régions rurales ;
- Établir un service national d’interprétariat médical gratuit et garanti ;
- S’opposer à toute marchandisation de la santé, de système de santé privé parallèle (à deux vitesses) et la défense d’un fi nancement solidaire de la sécurité sociale ;
- Investir dans le système de santé public et dans les conditions de travail des salarié.e.s : formation initiale, formation continue, augmentation du personnel, faciliter l’accès à la préretraite postée ;
- Intensifier la lutte contre toutes les formes de pauvreté et lutter pour un renforcement du système public des pensions et, en portant une attention particulière aux femmes en situation de précarité.
- Mettre en place des mesures structurelles visant à garantir des pensions décentes, à reconnaître les parcours de vie marqués par les inégalités de genre, à reconnaître des formes de pénibilité au travail plus étendues et à renforcer les dispositifs de soutien afin de prévenir l’exclusion sociale et sanitaire.
2. En finir avec les angles morts médicaux et les biais de genre dans les soins
Nous exigeons une transformation structurelle et profonde du système de santé afi n de mettre fi n aux biais de genre, aux angles morts scientifi ques et aux inégalités systémiques de prise en charge. Il est impératif de replacer l’expertise des premières concernées au coeur des décisions politiques pour garantir un système réellement inclusif.
Nous revendiquons :
- La production et la publication de données de santé publiques, ventilées par genre et fondées sur une éthique féministe, notamment concernant l’IVG et les violences ;
- L’intégration systématique d’une perspective de genre dans la recherche médicale, la formation initiale et continue des professionnel.le.s et les protocoles de soins ;
- Plus d’investissements publics dans la recherche sur la santé des femmes et les pathologies féminines ;
- La reconnaissance et la prise en charge adéquate des maladies longtemps invisibilisées ou sous-diagnostiquées, telles que l’endométriose, le SOPK, le lipoedème ou les troubles hormonaux ;
- La production et la publication de données de santé publiques, ventilées par genre et fondées sur une éthique féministe, notamment concernant l’IVG et les violences ;
- La participation active et structurelle des personnes concernées et des associations féministes à l’élaboration et à l’évaluation des politiques de santé.
- Intégration systémique d’une approche genrée à la santé au travail : Une meilleure reconnaissance des conséquences sur la santé des conditions de travail et de la pénibilité dans les métiers féminisés – notamment le travail répétitif, les horaires fractionnés, la charge émotionnelle, exposition aux produits chimiques et la précarité (contrats à temps partiel, salaires bas, contrats à durée déterminée).
- Aménagements au travail et création d’un congé spécifique pour problèmes de santé chroniques (incluant mais non limité p.ex. aux règles douloureuses, symptômes liées à la (péri)ménopause, endométriose), accessible sur base médicale dans le respect de la confi dentialité médicale et avec protection contre les discriminations liées à l’usage des aménagements et du congé.
- Une formation médicale et relationnelle sur les fausses couches, incluant l’écoute, la communication et l’impact psychologique. Au moins une consultation proposée automatiquement après une fausse couche, sans démarches supplémentaires.
- Instaurer un accompagnement spécialisé en particulier en cas de naissances traumatiques et/ou de dépressions postnatales, ainsi que d’intensifier et d’adapter l’accompagnement post-partum aux différents défi s personnels, familiaux et sociaux.
3. Faire de la santé sexuelle, reproductive et gynécologique un pilier central de la justice sociale
Nous affirmons le droit fondamental de disposer de son corps, sans contrainte, sans violence et sans condition économique, sociale ou administrative. Ce droit implique une prise en charge complète, respectueuse et égalitaire de la santé sexuelle, reproductive et gynécologique, fondée sur l’autonomie, le consentement et la dignité. Nous rappelons que ce droit reste profondément inégal dans les faits : les femmes et les personnes concernées par une
grossesse sont encore confrontées à des obstacles financiers, institutionnels, culturels et médicaux qui limitent leur liberté de choix et leur accès aux soins. Faire de la santé sexuelle et reproductive un enjeu du 8 mars, c’est rappeler que le contrôle des corps reste un enjeu central des rapports de pouvoir et d’inégalités.
Nous revendiquons :
- Une éducation affective et sexuelle (ESA) pour toute personne, dès le plus jeune âge et un accès à une information fi able et adaptée. Cela constitue un levier clé de prévention, d’égalité et d’émancipation ;
- L’inscription du droit à l’IVG (l’avortement) dans la Constitution et l’extension du délai légal à 14 semaines ;
- Un accès universel, gratuit, confi dentiel et inconditionnel à l’IVG, sans délais ni entraves ;
- La gratuité de toutes les méthodes contraceptives, y compris les méthodes barrières (préservatifs) ;
- La mise à disposition gratuite de protections périodiques dans l’espace public, les infrastructures de l’État et les postes de travail ;
- La valorisation des attributions des sages-femmes constituant ainsi à reconnaître pleinement l’étendue de leurs compétences médicales e et préventives ;
- La reconnaissance et la réparation des violences gynécologiques et obstétricales par la création d’une commission indépendante pour les plaintes concernant les violences.4. Reconnaître les violences et les discriminations comme des enjeux majeurs de santé publique
4. Reconnaître les violences et les discriminations comme des enjeux majeurs de santé publique
Nous affirmons que les violences sexistes, sexuelles, gynécologiques, institutionnelles, racistes et migratoires ont des impacts durables sur la santé physique et mentale. La précarité matérielle aggrave cette vulnérabilité en rendant plus difficile le fait de fuir, de porter plainte et de se reconstruire.
Nous revendiquons :
- Inscrire explicitement :
- les violences sexuelles dans les stratégies nationales de santé publique et de santé mentale,
- et l’imprescriptibilité des crimes sexuels pour toute victime, la reconnaissance des violences sexuelles, notamment dans l’enfance, comme déterminants majeurs de santé à long terme ;
- Mettre en place un réel parcours de soins structuré pour les victimes de violences sexuelles, garantissant une prise en charge coordonnée, rapide et adaptée, dès la révélation des faits ;
- Proposer un accès gratuit, spécialisé et sans conditions à des soins psychotraumatiques, sans plafonds de séances pour des personnes impactées par la discrimination sexiste, raciste, anti-LGBTQIA+, etc.;
- Former l’ensemble des professionnel.le.s de santé au repérage des violences et à la prise en charge des traumatismes, afi n de mettre fi n aux violences institutionnelles et aux pratiques médicales retraumatisantes ;
- Respecter strictement le consentement et l’autodétermination des personnes concernées ;
- Veiller à la dépsychiatrisation et à la dépathologisation des personnes trans, inter et non binaires, en ce qui concerne l’accès à la médecine physique ;
- Interdire les opérations médicalement inutiles pour les enfants intersexués ;
- Protéger personnes exilées, avec ou sans titre de séjour, particulièrement exposées aux violences, et leur garantir un accès aux soins et aux dispositifs de soutien sans crainte de sanctions ou de criminalisation.
5. Agir sur les déterminants sociaux pour une santé mentale solidaire
Nous affirmons la nécessité d’une politique ambitieuse de santé mentale, intégrée à la santé publique, qui reconnaît que la souffrance psychique est largement façonnée par les conditions de vie et de travail. Les inégalités de genre, les parcours migratoires, la précarité et la pénibilité pèsent de manière disproportionnée sur la santé mentale des femmes et des personnes minorisées.
Nous revendiquons :
- Ne pas laisser le manque de psychothérapeutes créer une rupture de prise en charge et pallier ce manque (p.ex. Reconnaissance des
psychothérapeutes formés à l’étranger, revalorisation de la carrière, incitant et facilitation à l’accès à la formation, etc.) ; - Le développement et le renforcement de mesures de prévention et de services publics de santé mentale spécifiques pour les femmes migrantes, les personnes précarisées et les personnes LGBTQIA+ accessibles dans les écoles, universités, lieux de travail et structures d’hébergement.
- La reconnaissance du burn-out et de la pénibilité (physique et psychique) du travail comme enjeux majeurs de santé publique ;
- La réduction du temps de travail hebdomadaire à salaire égal comme levier de prévention (p.ex. burnout) et de partage du temps de travail non-rémunéré plus égalitaire pour une meilleure conciliation vie privée / vie professionnelle et plus d’égalité en matières financières ;
- Des mesures préventives visant à réduire les risques pour la santé dans les professions dites féminisées (nettoyage, soins, aide à domicile, santé, horeca,…) ;
- L’augmentation du salaire social minimum pour réduire l’insécurité matérielle et le stress chronique ;
- Meilleure protection contre les violences sexistes et sexuelles au travail. Formations obligatoires des employeur.euse.s, RH et délégué.e.s à la prévention des violences, de l’harcèlement, des formes de discriminations et des risques de santé physiques et psychiques liés. Accès à un congé spécifique pour les victimes de violences et protection renforcée contre les représailles.
- La lutte contre la stigmatisation des troubles psychiques et le renforcement de la prévention tout au long de la vie.
Read and download the full list of demands below.
Health as a Right Not a Privilege
On the occasion of March 8, International Women’s Rights Day, we advocate for a feminist vision of health.
We affirm that health is not only a matter of medical care, but that it is deeply shaped by living conditions: income, work, housing, administrative status, and exposure to violence and discrimination
Women and marginalized people are particularly affected by precariousness, the arduousness of work, interrupted careers, the burden of unpaid work, and violence. These realities have direct and lasting effects on physical and mental health throughout life, and even more so at retirement age
Making health a central theme of March 8 is a reminder that gender inequalities are inscribed in the body, that they produce illness, exhaustion, and the foregoing of care. It is also to affirm that fighting for health is fighting for social justice, against poverty, against the commodification of care, and for dignified living conditions for all.
1. Guaranteeing Universal, Freen and Unconditionel Access to Health for All
We affirm that a healthcare system must be entirely public, solidary, and non-market-based, guaranteeing effective access to care for all people living in Luxembourg, regardless of administrative status, affiliation with a fund, income, or family situation. We recall that health does not depend solely on the care received, but also on material conditions of existence: dignified housing, sufficient food, financial stability, and the absence of fear. These conditions weigh disproportionately on women and marginalized people.
We demand:
● Transforming the CUSS (Universal Health Care Coverage) into a permanent right (without a 3-month waiting period), accessible without exclusion related to administrative status or length of residence;
● Generalizing the third-party payment system (tiers payant) and 100% coverage of necessary care, including psychological care;
● Developing public multi-professional health centers, accessible throughout the territory, particularly in rural regions;
● Establishing a free and guaranteed national medical interpretation service;
● Opposing any commodification of health, parallel private healthcare systems (two-tier), and defending solidary financing of social security;
● Investing in the public health system and in the working conditions of employees: initial training, continuing education, staff increases, facilitating access to early retirement;
● Intensifying the fight against all forms of poverty and fighting for a reinforcement of the public pension system, with particular attention to women in precarious situations;
● Implementing structural measures aimed at guaranteeing decent pensions, recognizing life paths marked by gender inequalities, recognizing more extensive forms of arduousness at work, and strengthening support mechanisms to prevent social and health exclusion.
2. Ending Medical Blind Spots and Gender Bias in Care
We demand a structural and profound transformation of the healthcare system to end gender bias, scientific blind spots, and systemic inequalities in care. It is imperative to place the expertise of those directly concerned back at the heart of political decisions to guarantee a truly inclusive system.
We demand:
● The production and publication of public health data, broken down by gender and based on feminist ethics, particularly concerning abortion (IVG) and violence;
● The systematic integration of a gender perspective in medical research, initial and continuing training of professionals, and care protocols;
● More public investment in research on women’s health and female pathologies;
● The recognition and adequate treatment of diseases long made invisible or under-diagnosed, such as endometriosis, PCOS, lipedema, or hormonal disorders;
● The active and structural participation of the people concerned and feminist associations in the development and evaluation of health policies;
● Systemic integration of a gendered approach to health at work: better recognition of the health consequences of working conditions and arduousness in feminized professions – notably repetitive work, split shifts, emotional burden, exposure to chemicals, and precariousness (part-time contracts, low wages, fixed-term contracts);
● Workplace adjustments and the creation of a specific leave for chronic health problems (including but not limited to, e.g., painful periods, symptoms related to (peri)menopause, endometriosis), accessible on a medical basis with respect for medical confidentiality and protection against discrimination related to the use of adjustments and leave;
● Medical and relational training on miscarriages, including listening, communication, and psychological impact;
● At least one consultation automatically offered after a miscarriage, without additional steps;
● Establishing specialized accompaniment, particularly in the case of traumatic births and/or postnatal depressions, as well as intensifying and adapting postpartum accompaniment to different personal, family, and social challenges.
3. Making Sexual, Reproductive, and Gynecological Health a Central Pillar of Social Justice
We affirm the fundamental right to dispose of one’s body, without constraint, without violence, and without economic, social, or administrative conditions. This right implies complete, respectful, and egalitarian care for sexual, reproductive, and gynecological health, based on autonomy, consent, and dignity. We recall that this right remains deeply unequal in practice: women and people concerned by pregnancy are still faced with financial, institutional, cultural, and medical obstacles that limit their freedom of choice and access to care. Making sexual and reproductive health a March 8 issue is to recall that the control of bodies remains a central stake in power relations and inequalities.
We demand:
● Affective and sexual education (ESA) for everyone, from an early age, and access to reliable and adapted information. This constitutes a key lever for prevention, equality, and emancipation;
● The inscription of the right to abortion (IVG) in the Constitution and the extension of the legal limit to 14 weeks;
● Universal, free, confidential, and unconditional access to abortion, without delays or obstacles;
● Free access to all contraceptive methods, including barrier methods (condoms);
● The free provision of menstrual products in public spaces, state infrastructures, and workplaces;
● Valuing the roles of midwives, thereby fully recognizing the extent of their medical and preventive skills;
● The recognition and reparation of gynecological and obstetric violence through the creation of an independent commission for complaints concerning violence
4. Recognizing Violence and Discrimination as Major Public Health Issues
We affirm that sexist, sexual, gynecological, institutional, racist, and migratory violence have lasting impacts on physical and mental health. Material precariousness aggravates this vulnerability by making it more difficult to flee, file a complaint, and rebuild oneself.
We demand:
● To explicitly include:
○ sexual violence in national public health and mental health strategies,
○ and the imprescriptibility of sexual crimes for all victims, the recognition of sexual violence, particularly in childhood, as major long-term health determinants;
● Implementing a real structured care pathway for victims of sexual violence, guaranteeing coordinated, rapid, and adapted care from the moment facts are disclosed;
● Proposing free, specialized, and unconditional access to psychotraumatic care, without session caps for people impacted by sexist, racist, anti-LGBTQIA+ discrimination, etc.;
● Training all healthcare professionals in identifying violence and managing trauma, to end institutional violence and (re)traumatizing medical practices;
● Strictly respecting the consent and self-determination of the people concerned;
● Ensuring the depsychiatrization and depathologization of trans, intersex, and non-binary people regarding access to physical medicine;
● Prohibiting medically unnecessary operations for intersex children;
● Protecting exiled persons, with or without a residence permit, particularly exposed to violence, and guaranteeing them access to care and support systems without fear of sanctions or criminalization.
5. Acting on Social Determinants for a Solidary Mental Health
We affirm the necessity of an ambitious mental health policy, integrated into public health, which recognizes that psychic suffering is largely shaped by living and working conditions. Gender inequalities, migratory paths, precariousness, and arduousness weigh disproportionately on the mental health of women and marginalized people.
We demand:
● Not letting the lack of psychotherapists create a break in care and addressing this lack (e.g., recognition of psychotherapists trained abroad, revaluation of the career, incentive and facilitation of access to training, etc.);
● The development and strengthening of prevention measures and specific public mental health services for migrant women, precarious people, and LGBTQIA+ individuals, accessible in schools, universities, workplaces, and housing structures;
● The recognition of burnout and the (physical and psychic) arduousness of work as major public health issues;
● Reducing the weekly working time with equal pay as a lever for prevention (e.g., burnout) and for a more equal sharing of unpaid work time for a better work-life balance and more equality in financial matters;
● Preventive measures aimed at reducing health risks in professions with high female predominance (cleaning, care, home help, health, Horeca, etc.);
● Increasing the social minimum wage to reduce material insecurity and chronic stress;
● Better protection against sexist and sexual violence at work;
● Mandatory training for employers, HR, and delegates in the prevention of violence, harassment, forms of discrimination, and associated physical and psychic health risks;
● Access to specific leave for victims of violence and reinforced protection against retaliation;
● The fight against the stigmatization of psychic disorders and the reinforcement of prevention throughout life.
A saúde como um direito, não como um privilégio
Por ocasião do 8 de março, Dia Internacional de Luta pelos Direitos das Mulheres, apresentamos uma visão feminista da saúde.
Afirmamos que a saúde não é apenas uma questão de cuidados médicos, mas que é profundamente moldada pelas condições de vida: rendimentos, trabalho, habitação, estatuto administrativo, exposição a violências e discriminações
As mulheres e as pessoas minorizadas são particularmente afetadas pela precariedade, pela penosidade do trabalho, pelas carreiras interrompidas, pela carga do trabalho não remunerado e pelas violências. Estas realidades têm efeitos diretos e duradouros na saúde física e mental, ao longo de toda a vida, e ainda mais na idade da reforma.
Fazer da saúde um tema central do 8 de março é recordar que as desigualdades de género se inscrevem nos corpos, que produzem doença, exaustão e renúncia aos cuidados. É também afirmar que lutar pela saúde é lutar pela justiça social, contra a pobreza, contra a mercantilização do cuidado e por condições de vida dignas para todas e todos.
1. Garantir um acesso universal, gratuito e incondicional à saúde para todas as pessoas
Afirmamos que um sistema de saúde deve ser inteiramente público, solidário e não mercantil, garantindo um acesso efetivo aos cuidados para todas as pessoas que vivem no Luxemburgo, independentemente do estatuto administrativo, da filiação numa caixa, do rendimento ou da situação familiar. Recordamos que a saúde não depende apenas dos cuidados recebidos, mas também das condições materiais de existência: habitação digna, alimentação suficiente, estabilidade financeira e ausência de medo. Estas condições pesam de forma desproporcional sobre as mulheres e as pessoas minorizadas.
Reivindicamos:
● Transformar a CUSS (Cobertura Universal de Cuidados de Saúde) num direito permanente (sem período de carência / 3 meses de espera), acessível sem exclusão ligada ao estatuto administrativo ou à duração da residência;
● Generalizar o sistema de terceiro pagador (tiers payant) e a comparticipação a 100% dos cuidados necessários, incluindo psicológicos;
● Desenvolver casas de saúde pluriprofissionais públicas, acessíveis em todo o território, em particular nas regiões rurais;
● Estabelecer um serviço nacional de interpretação médica gratuito e garantido;
● Opor-se a qualquer mercantilização da saúde, a sistemas de saúde privados paralelos (a duas velocidades) e a defesa de um financiamento solidário da segurança social;
● Investir no sistema de saúde público e nas condições de trabalho dos trabalhadores: formação inicial, formação contínua, aumento de pessoal, facilitar o acesso à pré-reforma por postos;
● Intensificar a luta contra todas as formas de pobreza e lutar por um reforço do sistema público de pensões, dando uma atenção particular às mulheres em situação de precariedade;
● Implementar medidas estruturais visando garantir pensões decentes, reconhecer os percursos de vida marcados pelas desigualdades de género, reconhecer formas de penosidade no trabalho mais alargadas e reforçar os dispositivos de apoio para prevenir a exclusão social e sanitária
2. Acabar com os ângulos mortos médicos e os preconceitos de género nos cuidados
Exigimos uma transformação estrutural e profunda do sistema de saúde para pôr fim aos preconceitos de género, aos ângulos mortos científicos e às desigualdades sistêmicas de atendimento. É imperativo colocar a experiência das primeiras interessadas no centro das decisões políticas para garantir um sistema realmente inclusivo.
Reivindicamos:
● A produção e a publicação de dados de saúde públicos, discriminados por género e baseados numa ética feminista, nomeadamente relativos à IVG (aborto) e às violências;
● A integração sistemática de uma perspetiva de género na investigação médica, na formação inicial e contínua dos profissionais e nos protocolos de cuidados;
● Mais investimento público na investigação sobre a saúde das mulheres e as patologias femininas;
● O reconhecimento e o atendimento adequado das doenças durante muito tempo invisibilizadas ou subdiagnosticadas, tais como a endometriose, o SOPQ, o lipedema ou as perturbações hormonais;
● A participação ativa e estrutural das pessoas interessadas e das associações feministas na elaboração e avaliação das políticas de saúde;
● Integração sistémica de uma abordagem de género na saúde no trabalho: uma melhor valorização das consequências na saúde das condições de trabalho e da penosidade nas profissões feminizadas – nomeadamente o trabalho repetitivo, os horários fracionados, a carga emocional, a exposição a produtos químicos e a precariedade (contratos a tempo parcial, salários baixos, contratos a termo);
● Adaptações no trabalho e criação de uma licença específica para problemas de saúde crônicos (incluindo, mas não limitado a, por exemplo, períodos dolorosos, sintomas ligados à (peri)menopausa, endometriose), acessível mediante base médica no respeito pela confidencialidade médica e com proteção contra as discriminações ligadas ao uso das adaptações e da licença;
● Uma formação médica e relacional sobre os abortos espontâneos, incluindo a escuta, a comunicação e o impacto psicológico;
● Pelo menos uma consulta proposta automaticamente após um aborto espontâneo, sem diligências suplementares;
● Instaurar um acompanhamento especializado em particular em caso de nascimentos traumáticos e/ou de depressões pós-natais, bem como intensificar e adaptar o acompanhamento pós-parto aos diferentes desafios pessoais, familiares e sociais.
3. Fazer da saúde sexual, reprodutiva e ginecológica um pilar central da justiça social
Afirmamos o direito fundamental de dispor do seu corpo, sem coação, sem violência e sem condição económica, social ou administrativa. Este direito implica um atendimento completo, respeitoso e igualitário da saúde sexual, reprodutiva e ginecológica, fundado na autonomia, no consentimento e na dignidade. Recordamos que este direito continua a ser profundamente desigual na prática: as mulheres e as pessoas afetadas por uma gravidez ainda enfrentam obstáculos financeiros, institucionais, culturais e médicos que limitam a sua liberdade de escolha e o seu acesso aos cuidados. Fazer da saúde sexual e reprodutiva uma questão do 8 de março é recordar que o controle dos corpos continua a ser uma questão central nas relações de poder e desigualdade.
Reivindicamos:
● Uma educação afetiva e sexual (EAS) para todas as pessoas, desde tenra idade, e acesso a informação fiável e adaptada. Isto constitui um fator chave de prevenção, igualdade e emancipação;
● A inscrição do direito à IVG (aborto) na Constituição e a extensão do prazo legal para 14 semanas;
● Um acesso universal, gratuito, confidencial e incondicional à IVG, sem prazos nem entraves;
● A gratuidade de todos os métodos contraceptivos, incluindo os métodos de barreira (preservativos);
● A disponibilização gratuita de produtos de higiene menstrual no espaço público, nas infraestruturas do Estado e nos postos de trabalho;
● A valorização das atribuições das parteiras, consistindo assim em reconhecer plenamente a extensão das suas competências médicas e preventivas;
● O reconhecimento e a reparação das violências ginecológicas e obstétricas através da criação de uma comissão independente para queixas relativas a violências.
4. Reconhecer as violências e as discriminações como questões fundamentais de saúde pública
Afirmamos que as violências sexistas, sexuais, ginecológicas, institucionais, racistas e migratórias têm impactos duradouros na saúde física e mental. A precariedade material agrava esta vulnerabilidade ao tornar mais difícil fugir, apresentar queixa e reconstruir-se.
Reivindicamos:
● Inscrever explicitamente:
○ as violências sexuais nas estratégias nacionais de saúde pública e de saúde mental,
○ e a imprescritibilidade dos crimes sexuais para todas as vítimas, o reconhecimento das violências sexuais, nomeadamente na infância, como determinantes fundamentais de saúde a longo prazo;
● Implementar um percurso de cuidados estruturado real para as vítimas de violências sexuais, garantindo um atendimento coordenado, rápido e adaptado, desde a revelação dos factos;
● Propor um acesso gratuito, especializado e sem condições a cuidados psicotraumáticos, sem limites de sessões para pessoas impactadas pela discriminação sexista, racista, anti-LGBTQIA+, etc.;
● Formar todos os profissionais de saúde na identificação das violências e no atendimento de traumas, a fim de pôr fim às violências institucionais e às práticas médicas (re)traumatizantes;
● Respeitar estritamente o consentimento e a autodeterminação das pessoas envolvidas;
● Velar pela despsiquiatrização e despatologização das pessoas trans, inter e não binárias, no que diz respeito ao acesso à medicina física;
● Proibir as operações medicamente desnecessárias para as crianças intersexo;
● Proteger as pessoas exiladas, com ou sem autorização de residência, particularmente expostas a violências, e garantir-lhes um acesso aos cuidados e aos dispositivos de apoio sem medo de sanções ou criminalização.
5. Agir sobre os determinantes sociais para uma saúde mental solidária
Afirmamos a necessidade de uma política ambiciosa de saúde mental, integrada na saúde pública, que reconheça que o sofrimento psíquico é largamente moldado pelas condições de vida e de trabalho. As desigualdades de género, os percursos migratórios, a precariedade e a penosidade pesam de forma desproporcional sobre a saúde mental das mulheres e das pessoas minorizadas.
Reivindicamos:
● Não permitir que a falta de psicoterapeutas crie uma interrupção no atendimento e colmatar essa falta (ex: reconhecimento de psicoterapeutas formados no estrangeiro, valorização da carreira, incentivo e facilitação no acesso à formação, etc.);
● O desenvolvimento e reforço de medidas de prevenção e serviços públicos de saúde mental específicos para as mulheres migrantes, pessoas precarizadas e pessoas LGBTQIA+, acessíveis em escolas, universidades, locais de trabalho e estruturas de acolhimento;
● O reconhecimento do esgotamento (burn-out) e da penosidade (física e psíquica) do trabalho como questões fundamentais de saúde pública;
● A redução do tempo de trabalho semanal para salário igual como alavanca de prevenção (ex: burnout) e de partilha do tempo de trabalho não remunerado mais igualitária para uma melhor conciliação vida privada / vida profissional e mais igualdade em matérias financeiras;
● Medidas preventivas visando reduzir os riscos para a saúde nas profissões com forte predominância feminina (limpeza, cuidados, ajuda ao domicílio, saúde, restauração/hotelaria, …);
● O aumento do salário social mínimo para reduzir a insegurança material e o stress crónico;
● Melhor proteção contra as violências sexistas e sexuais no trabalho;
● Formações obrigatórias para empregadores, RH e delegados sobre a prevenção das violências, do assédio, das formas de discriminação e dos riscos de saúde físicos e psíquicos associados;
● Acesso a uma licença específica para as vítimas de violências e proteção reforçada contra represálias;
● A luta contra a estigmatização das perturbações psíquicas e o reforço da prevenção ao longo da vida.
Gesundheit als Recht, nicht als Privileg
Anlässlich des 8. März, dem Internationalen Kampftag für die Rechte der Frauen, vertreten wir eine feministische Vision von Gesundheit.
Wir bekräftigen, dass Gesundheit nicht nur eine Angelegenheit der medizinischen Versorgung ist, sondern dass sie zutiefst durch die Lebensbedingungen geprägt wird: Einkommen, Arbeit, Wohnraum, administrativer Status, Exposition gegenüber Gewalt und Diskriminierung.
Frauen und minorisierte Personen sind besonders von Prekarität, der Mühsal der Arbeit, unterbrochenen Karrieren, der Last der unbezahlten Arbeit und Gewalt betroffen. Diese Realitäten haben direkte und dauerhafte Auswirkungen auf die körperliche und geistige Gesundheit während des gesamten Lebens und erst recht im Rentenalter.
Gesundheit zu einem zentralen Thema des 8. März zu machen, bedeutet, daran zu erinnern, dass sich geschlechtsspezifische Ungleichheiten in die Körper einschreiben, dass sie Krankheit, Erschöpfung und den Verzicht auf Pflege produzieren. Es bedeutet auch zu bekräftigen, dass der Kampf für die Gesundheit ein Kampf für soziale Gerechtigkeit, gegen Armut, gegen die Kommerzialisierung der Pflege und für würdevolle Lebensbedingungen für alle ist
1. Einen universellen, kostenlosen und bedingungslosen Zugang zur Gesundheit für alle Personen garantieren
Wir bekräftigen, dass ein Gesundheitssystem vollständig öffentlich, solidarisch und nicht marktorientiert sein muss und einen effektiven Zugang zur Versorgung für alle in Luxemburg lebenden Personen garantiert, unabhängig vom administrativen Status, der Zugehörigkeit zu einer Krankenkasse, dem Einkommen oder der familiären Situation. Wir erinnern daran, dass die Gesundheit nicht nur von den erhaltenen Behandlungen abhängt, sondern auch von den materiellen Existenzbedingungen: würdevoller Wohnraum, ausreichende Ernährung, finanzielle Stabilität und Abwesenheit von Angst. Diese Bedingungen lasten unverhältnismäßig stark auf Frauen und minorisierten Personen.
Wir fordern:
● Die Umwandlung der CUSS (Universelle Gesundheitsdeckung) in ein dauerhaftes Recht (ohne Wartezeit von 3 Monaten), zugänglich ohne Ausschluss aufgrund des administrativen Status oder der Aufenthaltsdauer;
● Die Verallgemeinerung des Drittzahlersystems (tiers payant) und die 100%ige Kostenübernahme der notwendigen Behandlungen, einschließlich psychologischer Betreuung;
● Die Entwicklung öffentlicher, multiprofessioneller Gesundheitszentren, die im ganzen Land, insbesondere in ländlichen Regionen, zugänglich sind;
● Die Einrichtung eines kostenlosen und garantierten nationalen medizinischen Dolmetscherdienstes;
● Den Widerstand gegen jede Kommerzialisierung der Gesundheit, gegen ein paralleles privates Gesundheitssystem (Zwei-Klassen-Medizin) und die Verteidigung einer solidarischen Finanzierung der sozialen Sicherheit;
● Investitionen in das öffentliche Gesundheitssystem und in die Arbeitsbedingungen der Beschäftigten: Erstausbildung, Fortbildung, Personalaufstockung, Erleichterung des Zugangs zu Posten-Vorruhestand;
● Die Intensivierung des Kampfes gegen alle Formen von Armut und den Kampf für eine Stärkung des öffentlichen Rentensystems, mit besonderem Augenmerk auf Frauen in prekären Situationen;
● Die Einführung struktureller Maßnahmen zur Gewährleistung anständiger Renten, zur Anerkennung von Lebenswegen, die durch geschlechtsspezifische Ungleichheiten geprägt sind, zur Anerkennung umfassenderer Formen der Arbeitsbelastung und zur Stärkung der Unterstützungsmechanismen zur Vorbeugung sozialer und gesundheitlicher Ausgrenzung.
2. Medizinische blinde Flecken und geschlechtsspezifische Vorurteile in der Pflege beenden
Wir fordern eine strukturelle und tiefgreifende Transformation des Gesundheitssystems, um geschlechtsspezifischen Vorurteilen, wissenschaftlichen blinden Flecken und systemischen Ungleichheiten bei der Behandlung ein Ende zu setzen. Es ist zwingend erforderlich, die Expertise der direkt Betroffenen wieder in das Zentrum politischer Entscheidungen zu rücken, um ein wirklich inklusives System zu garantieren.
Wir fordern:
● Die Erstellung und Veröffentlichung öffentlicher Gesundheitsdaten, aufgeschlüsselt nach Geschlecht und basierend auf einer feministischen Ethik, insbesondere in Bezug auf Schwangerschaftsabbrüche (IVG) und Gewalt;
● Die systematische Integration einer Gender-Perspektive in die medizinische Forschung, die Aus- und Fortbildung von Fachkräften und die Behandlungsprotokolle;
● Mehr öffentliche Investitionen in die Forschung zur Gesundheit von Frauen und zu weiblichen Pathologien;
● Die Anerkennung und angemessene Behandlung von Krankheiten, die lange Zeit unsichtbar gemacht oder unterdiagnostiziert wurden, wie Endometriose, PCOS, Lipödem oder hormonelle Störungen;
● Die aktive und strukturelle Beteiligung der Betroffenen und feministischer Verbände an der Ausarbeitung und Bewertung der Gesundheitspolitik;
● Die systemische Integration eines geschlechtsspezifischen Ansatzes für die Gesundheit am Arbeitsplatz: Eine bessere Anerkennung der Auswirkungen der Arbeitsbedingungen und der Mühsal in weiblich dominierten Berufen auf die Gesundheit – insbesondere repetitive Arbeit, geteilte Arbeitszeiten, emotionale Belastung, Exposition gegenüber Chemikalien und Prekarität (Teilzeitverträge, niedrige Löhne, befristete Verträge);
● Arbeitsplatzanpassungen und die Schaffung eines spezifischen Urlaubs für chronische Gesundheitsprobleme (einschließlich, aber nicht beschränkt auf z.B. schmerzhafte Regelblutungen, Symptome im Zusammenhang mit der (Peri-)Menopause, Endometriose), zugänglich auf medizinischer Basis unter Wahrung der medizinischen Vertraulichkeit und mit Schutz vor Diskriminierung im Zusammenhang mit der Nutzung der Anpassungen und des Urlaubs;
● Eine medizinische und relationale Ausbildung zu Fehlgeburten, einschließlich Zuhören, Kommunikation und psychologischer Auswirkungen;
● Mindestens eine automatisch angebotene Beratung nach einer Fehlgeburt, ohne weitere Schritte;
● Die Einführung einer spezialisierten Begleitung insbesondere bei traumatischen Geburten und/oder postnatalen Depressionen sowie die Intensivierung und Anpassung der Postpartum-Begleitung an die verschiedenen persönlichen, familiären und sozialen Herausforderungen.
3. Sexuelle, reproduktive und gynäkologische Gesundheit zu einem zentralen Pfeiler der sozialen Gerechtigkeit machen
Wir bekräftigen das Grundrecht, über den eigenen Körper zu verfügen, ohne Zwang, ohne Gewalt und ohne wirtschaftliche, soziale oder administrative Bedingungen. Dieses Recht impliziert eine vollständige, respektvolle und gleichberechtigte Versorgung der sexuellen, reproduktiven und gynäkologischen Gesundheit, basierend auf Autonomie, Konsens und Würde. Wir erinnern daran, dass dieses Recht in der Realität zutiefst ungleich bleibt: Frauen und Personen, die von einer Schwangerschaft betroffen sind, sind immer noch mit finanziellen, institutionellen, kulturellen und medizinischen Hindernissen konfrontiert, die ihre Wahlfreiheit und ihren Zugang zur Versorgung einschränken. Sexuelle und reproduktive Gesundheit zu einem Thema des 8. März zu machen, bedeutet, daran zu erinnern, dass die Kontrolle über die Körper ein zentrales Thema von Machtverhältnissen und Ungleichheiten bleibt.
Wir fordern:
● Eine affektive und sexuelle Erziehung (ESA) für jede Person von klein auf und Zugang zu verlässlichen und angepassten Informationen. Dies stellt einen Schlüsselfaktor für Prävention, Gleichheit und Emanzipation dar;
● Die Verankerung des Rechts auf Schwangerschaftsabbruch (IVG) in der Verfassung und die Verlängerung der gesetzlichen Frist auf 14 Wochen;
● Einen universellen, kostenlosen, vertraulichen und bedingungslosen Zugang zum Schwangerschaftsabbruch, ohne Fristen oder Hindernisse;
● Die Kostenfreiheit aller Verhütungsmethoden, einschließlich Barrieremethoden (Kondome);
● Die kostenlose Bereitstellung von Periodenprodukten im öffentlichen Raum, in staatlichen Einrichtungen und an Arbeitsplätzen;
● Die Aufwertung der Aufgaben von Hebammen, was bedeutet, den Umfang ihrer medizinischen und präventiven Kompetenzen voll anzuerkennen;
● Die Anerkennung und Wiedergutmachung von gynäkologischer und geburtshilflicher Gewalt durch die Schaffung einer unabhängigen Kommission für Beschwerden über Gewalt.
4. Gewalt und Diskriminierung als zentrale Herausforderungen der öffentlichen Gesundheit anerkennen
Wir bekräftigen, dass sexistische, sexualisierte, gynäkologische, institutionelle, rassistische und migrationsbedingte Gewalt dauerhafte Auswirkungen auf die körperliche und geistige Gesundheit haben. Materielle Prekarität verschärft diese Verletzlichkeit, indem sie es schwieriger macht, zu fliehen, Anzeige zu erstatten und sich neu aufzubauen.
Wir fordern:
● Die explizite Aufnahme von:
○ sexualisierter Gewalt in die nationalen Strategien für öffentliche Gesundheit und psychische Gesundheit,
○ und die Unverjährbarkeit von Sexualstraftaten für alle Opfer sowie die Anerkennung sexualisierter Gewalt, insbesondere in der Kindheit, als wesentliche langfristige Gesundheitsdeterminanten;
● Die Einrichtung eines realen, strukturierten Behandlungspfades für Opfer sexualisierter Gewalt, der eine koordinierte, schnelle und angepasste Versorgung ab der Offenlegung der Fakten garantiert;
● Das Angebot eines kostenlosen, spezialisierten und bedingungslosen Zugangs zu psychotraumatologischer Versorgung ohne Sitzungshöchstgrenzen für Personen, die von sexistischer, rassistischer, Anti-LGBTQIA+ Diskriminierung usw. betroffen sind;
● Die Ausbildung aller Gesundheitsfachkräfte im Erkennen von Gewalt und in der Behandlung von Traumata, um institutioneller Gewalt und (re-)traumatisierenden medizinischen Praktiken ein Ende zu setzen;
● Die strikte Achtung des Konsenses und der Selbstbestimmung der betroffenen Personen;
● Die Sicherstellung der Entpsychiatrisierung und Entpathologisierung von Trans-, Inter- und nicht-binären Personen in Bezug auf den Zugang zur physischen Medizin;
● Das Verbot medizinisch unnötiger Operationen bei intergeschlechtlichen Kindern;
● Den Schutz von Menschen im Exil, mit oder ohne Aufenthaltstitel, die besonders Gewalt ausgesetzt sind, und die Gewährleistung ihres Zugangs zur Versorgung und zu Unterstützungsmechanismen ohne Angst vor Sanktionen oder Kriminalisierung.
5. Auf soziale Determinanten für eine solidarische psychische Gesundheit einwirken
Wir bekräftigen die Notwendigkeit einer ehrgeizigen Politik der psychischen Gesundheit, die in das öffentliche Gesundheitswesen integriert ist und anerkennt, dass psychisches Leiden weitgehend durch Lebens- und Arbeitsbedingungen geprägt wird. Geschlechterungleichheiten, Migrationswege, Prekarität und Mühsal lasten unverhältnismäßig stark auf der psychischen Gesundheit von Frauen und minorisierten Personen.
Wir fordern:
● Dass der Mangel an Psychotherapeuten nicht zu einem Abbruch der Versorgung führt, und diesen Mangel zu beheben (z.B. Anerkennung von im Ausland ausgebildeten Psychotherapeuten, Aufwertung der Karriere, Anreize und Erleichterung des Zugangs zur Ausbildung usw.);
● Den Ausbau und die Stärkung von Präventionsmaßnahmen und spezifischen öffentlichen Diensten für psychische Gesundheit für migrierte Frauen, prekarisierte Personen und LGBTQIA+ Personen, zugänglich in Schulen, Universitäten, am Arbeitsplatz und in Unterkünften;
● Die Anerkennung von Burn-out und der (physischen und psychischen) Mühsal der Arbeit als zentrale Herausforderungen der öffentlichen Gesundheit;
● Die Reduzierung der wöchentlichen Arbeitszeit bei gleichem Lohn als Hebel zur Prävention (z.B. Burnout) und für eine gleichberechtigtere Aufteilung der unbezahlten Arbeitszeit für eine bessere Vereinbarkeit von Privat- und Berufsleben und mehr Gleichheit in finanziellen Angelegenheiten;
● Präventive Maßnahmen zur Verringerung der Gesundheitsrisiken in Berufen mit hohem Frauenanteil (Reinigung, Pflege, Haushaltshilfe, Gesundheit, Gastronomie, …);
● Die Erhöhung des sozialen Mindestlohns zur Verringerung materieller Unsicherheit und chronischen Stresses;
● Einen besseren Schutz vor sexistischer und sexualisierter Gewalt am Arbeitsplatz;
● Verbindliche Schulungen für Arbeitgeber, HR und Delegierte zur Prävention von Gewalt, Belästigung, Diskriminierungsformen und den damit verbundenen physischen und psychischen Gesundheitsrisiken;
● Zugang zu einem spezifischen Urlaub für Opfer von Gewalt und verstärkter Schutz vor Repressalien;
● Den Kampf gegen die Stigmatisierung psychischer Störungen und die Stärkung der Prävention während des gesamten Lebens.
